Qu'est ce qu'un contrôleur de gestion ?

         

 

          Alors réservé aux grandes entreprises dans la première moitié du 20ème siècle, le contrôle de gestion s’est démocratisé et est devenu une véritable discipline (Anthony, 1965). Mais c’est avant tout une fonction de l’entreprise. Aujourd’hui des hommes et des femmes sont des « contrôleurs de gestion », et exerce un métier bien précis. Ce serait une erreur que de dire qu’ils sont seuls à assurer la fonction de contrôle. En effet, comme nous le rappelle Anthony dans sa définition « le contrôle de gestion est un processus destiné à motiver les responsables et à les inciter à exécuter des activités contribuant à l’atteinte des objectifs de l’organisation » (Anthony, 1965). Ce sont donc les managers qui exercent cette fonction. Mais, pour ce faire, ils doivent s’informer et mettre en place les processus auxquels Anthony fait référence. S’assurer, c’est « vérifier », mais aussi « faire en sorte que ». Les contrôleurs de gestion apportent aux managers les différents moyens d’accomplir ces tâches, en animant l’ensemble des systèmes de contrôle mis en œuvre dans l’entreprise.

 

          Dans les années 80, la définition de 1965 est apparue restrictive, ainsi Anthony l’a précisé et élargie comme suit : « Le contrôle de gestion est le processus par lequel les managers influencent d’autres membres de l’organisation pour mettre en œuvre les stratégies de l’organisation » (Anthony, 1988). Cette définition insiste sur l’interaction entre les différents acteurs de l’entreprise afin de former le contrôle de gestion.

 

          Le contrôleur de gestion est donc un élément du contrôle de gestion, « si l'on peut dire que la comptabilité est ce que pratiquent les comptables, la pratique des contrôleurs ne recouvre qu'une partie du contrôle de gestion » (Bouquin et Pesqueux, 1999, p. 94).

 

          A ce jour, le contrôleur de gestion a une place croissante au sein des entreprises notamment compte tenu du contexte concurrentiel fort dans lequel se trouvent les entreprises mais aussi parce que bon nombre d’entre elles doivent rendre des comptes à leurs actionnaires. Ceci étant, on constate que d’une entreprise à une autre, il n’a pas forcément les mêmes fonctions, la même place. 

          Le contrôleur de gestion est en quête constante de légitimité se qui, en fonction des entreprises, lui confère deux rôles distincts : celui de conseiller et celui de technicien. Ce rôle dépend essentiellement de l’organisation de l’entreprise. En effet, si le CdG dépend hiérarchiquement de la direction et est intégré à l’état major, il aura alors un rôle de conseiller (aide à la décision stratégique, plan moyen terme, aide aux opérationnels à l’optimisation de leurs résultats…). A contrario, si le CdG appartient à une unité de gestion distincte des autres services il sera alors plutôt technicien (qualité comptable, suivi budgétaire, respect des procédures, contrôle interne…). De façon générale, le contrôleur de gestion peut donc avoir tout ou partie des fonctions suivantes :

 

- conseil opérationnel

- conseil stratégique

- définition du système de gestion et contrôle du respect des procédures

- traitement des données budgétaires

- adaptation des outils de gestion aux besoins des opérationnels.

 

Répartition du temps passé par le contrôleur de gestion sur différentes missions :

 

  Les fonctions du contrôleur de gestion

 

Source : Platet C. et al. (2007), Ernst & Young, Le contrôle de gestion : changer pour répondre aux enjeux de l’entreprise.

 

          Outre les fonctions du CdG, nombreux facteurs viennent impacter son rôle, Bouquin (2006, p.107), établit une liste des principaux facteurs de contingence, en voici une liste non exhaustive :

 

‐ « La taille de l’entreprise » : elle détermine notamment le temps passé au reporting et aux opérations de consolidation comptable.

‐ « Le niveau hiérarchique » : le contrôleur de gestion peut se situer au niveau du groupe, d’une division, d’une fonction, d’une usine ou d’une unité commerciale. Les activités ne sont alors pas les mêmes.

‐ « L’environnement technique » : non seulement l’opposition entre services et industrie, mais surtout l’objet à contrôler (projets, séries, production en continu, etc.)

‐ « La place donnée au contrôle de gestion dans le gouvernement d’entreprise »

‐ « La culture et la formation des contrôleurs, la place que la direction alloue à ce type de poste dans un parcours professionnel »

 

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